A propos de la


En décembre 2001, je suis tombé par hasard sur un article parlant de «l'Epinard de Yukiko» et de son auteur Frédéric Boilet. Plus par intuition que par conviction, j'ai lu l'album en question, ce qui m'a réconcilié en un sens avec la bande dessinée.

Pourrais-je énumerer tout ce qui m'a poussé à contacter Frédéric ? Et dans quel ordre ? D'abord, le contenu même de l'album: une histoire non linéaire, le traitement graphique utilisant photo et vidéo, de nombreuses mises en abyme et un point de vue subjectif qui se prêtaient à merveille à une adaptation en multimédia. Mais ce qui m'a encore plus motivé, ce sont les convictions de l'auteur et le manifeste de la Nouvelle Manga. Je suis toujours sensible à ce genre de démarche "globale" propre à certains artistes.

Je ne revendique pas les mêmes courants artistiques que Frédéric Boilet. Pourtant, je partage avec lui cette nécessité de toucher le lecteur dans le cadre d'un quotidien vécu, recréé, fantasmé, et bricolé. J'ai retrouvé cela avec la dessinatrice japonaise Kan Takahama, même si la barrière de la langue a été parfois cruelle. C'est peut-être ce qui m'a permis de m'approprier son oeuvre et d'y plaquer ma propre vision du "quotidien" pour combler les incertitudes.

Malheureusement, les bandes dessinées permettant ce genre d'adaptation ne sont pas légions, aussi entre Janvier et Mai 2004 j'ai décidé de réaliser des oeuvres originales. Un moyen pour moi, de tester un travail d'écriture propre au numérique et d'explorer la lisière de différentes disciplines: scenario, photographie, algorithmie, design, musique, etc...

En décembre 2004, en réalisant «Place du Petit Enfer», le vrai-faux blog d'un trentenaire cynique, le décalage entre le terme même de Nouvelle Manga Digitale et la forme de ce travail était tel que j'ai pris la décision de clore cette série.

Cette série d'expérimentations devraient cependant se conclure, je l'espère, par «Tokyo no ko», un projet de court-métrage.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont accepté de participer à ces créations, et tout particulièrement Takako, qui a été mon modèle dans «Aiko», «Fuseki» et «Chuban», sans jamais trop savoir ce que cela allait donner. Merci à Olivier Ménival et Ramuntcho Matta pour m'avoir autorisé à utiliser certaines de leurs oeuvres musicales. Merci surtout à NJXT, musicien de «Fuseki» et «Chuban», pour ses musiques originales. Merci à Léo Henry pour ses textes de «Place du Petit Enfer».


Fred Boot
Février 2005

Articles
• Lire l'interview de BDNews.net, réalisée en septembre 2002
• Lire l'article de Marie Lechner, paru dans Libération le 23 avril 2004
• Voir la page «Focus» du magazine Bang ! parue durant l'été 2004

A voir
• Le site de Frédéric Boilet
• Les œuvres d'Atsuko Uda